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  • Valérie ROCHERON

Sortir de sa zone de confort: la fausse bonne idée?


Je sais, je sais. Vous allez vous dire, en lisant le titre de ce billet, que je suis tombée sur la tête. Celles et ceux qui me suivent savent pourtant que j'évoque régulièrement la nécessité de s'aventurer hors de la fameuse "zone de confort". En fait, comme me le faisait remarque une amie psychologue, c'est carrément devenu une injonction que l'on retrouve partout comme si c'était la clé pour régler les difficultés d'évolution de Vie.

Alors...Oui et...Non.

Reprenons depuis le début.


La zone de confort peut être assimilée à la routine, celle qu'on maîtrise et qui sécurise. En numérologie, c'est le nombre 4 qui encadre, structure et sécurise. En Tarot, ce serait plutôt Tempérance et son énergie plan-plan de vase clos ou toutes les séries des 4 des lames mineures.

Avec la zone de confort, on est en terrain connu, on connaît ses ressources et ses pièges. Le confort, c'est qu'on peut se permettre le pilotage automatique. On sait à quoi s'attendre et c'est précieux pour l'humain qui, comme toute espèce animale, craint l'inconnu.

Tant que tout va bien, il n'y a donc aucune raison de remettre en question le périmètre confortable et sûr où l'on évolue. Tout le monde n'a pas une âme d'aventurier.

Là où ça se corse, c'est quand se présente une phase de Vie où l'on est contraint d'évoluer:

  • on n'aime plus son travail ou la façon dont on l'exerce

  • on est malheureux en couple

  • on en se sent plus bien dans son lieu de vie

Cette liste est non exhaustive mais il y a un fil rouge: la routine dans laquelle on évoluait tranquillement depuis longtemps ne nourrit plus. On se retrouve donc devant un dilemme: sortir ou rester.

Sortir implique la prise de risque, inévitable dans tout changement, dans toute rupture de rythme et d'équilibre. Émotionnel ou financier, le défi n'est pas anodin car il remet en cause tout un pan de structure de Vie.

Rester implique le risque de stagnation doublé de l'attente d'une solution miracle pour arranger ce qui coince. Solution qui ne viendra pas mais qui va générer une expectative longue et qui, au fil du temps, deviendra douloureuse.

C'est dans ce contexte qu'intervient la fameuse injonction: "Mais sors de ta zone de confort! Quitte ton conjoint! Quitte ton travail! Déménage!"


Si l'on se place d'un point de vue strictement intellectuel, c'est ce qu'il faut faire, en effet. Dans l'absolu, il faut s'éloigner de ce qui fait souffrir. C'est le bon sens même, et on ne va pas le remettre en cause.

En revanche, d'un point de vue pratique incluant tous les paramètres alimentaires d'une vie ordinaire, ce n'est pas pareil:

  • le conjoint est toxique mais on n'a pas les ressources financières suffisantes pour assumer seul une vie décente

  • le travail est cause de souffrance mais le salaire qu'il procure est indispensable à la survie de la cellule familiale

  • le lieu de vie est insupportable mais le budget dont on dispose pour déménager est insuffisant

La peur de manquer, de mettre en péril une famille, de ne pouvoir assumer ses charges, bref la peur matérielle est très présente, sachant qu'elle existe chez la quasi-totalité des individus. Mais il ne faut pas sous-estimer la peur émotionnelle, en vertu du vieux dicton: "tu sais ce que tu perds, tu ne sais pas ce que tu trouves".


La vulgarisation des préceptes de développement personnel ne tient pas suffisamment compte de ces paramètres et bon nombre se retrouvent à culpabiliser en se rendant compte qu'il leur est impossible d'obtempérer à la fameuse injonction. Le sentiment de passer à côté de sa Vie se renforce, l'individu finit par se résigner et s'éteindre énergétiquement.


En fait, l'injonction est tout simplement mal formulée. Il faudrait plutôt poser le problème ainsi: "comment faire pour aménager ma zone de confort et la rendre supportable en attendant de pouvoir éventuellement la quitter si nécessaire?" En effet, sortir d'une zone de confort sans être capable d'assumer les défis inhérents est risqué et vecteur d'échec. Rêver de se mettre à son compte tout en souhaitant conserver la régularité d'un salaire est irréaliste. Quitter un conjoint sans avoir résolu sa peur de la solitude, de manquer ou sa dépendance affective sera source de souffrance car la séparation ne résoudra rien.


Poser un diagnostic est simple: peur, culpabilité, les freins sont faciles à identifier. Un travail sur Soi est nécessaire afin d'en comprendre le mécanisme. Comment se sont-ils formés? Quel est le facteur déclencheur? Quelle est la part de responsabilité personnelle? C'est la première étape.


À partir de là, on aborde la seconde étape, celle de l'état des lieux. Deux options sont possibles:

  • le départ de la zone de confort est inévitable mais il y a des préparatifs à faire. Se former, changer de travail, rétablir une situation financière, etc... Le piège, c'est se fixer une date butoir qui va générer du stress et de la précipitation. Un autre piège dans lequel on tombe facilement, c'est attendre que tout soit "parfait". Rien ne le sera jamais. Ce sera parfait quand votre horloge interne vous enverra les vibrations de départ, même si il reste encore des paramètres à peaufiner.

  • Le départ de la zone de confort n'est pas une bonne idée. En y regardant de plus près, vous ne feriez que déplacer un problème récurrent. Des réaménagements seraient plus judicieux. Qu'avez-vous laissé faire jusqu'à présent qui a permis à la situation de dégénérer? En quoi pouvez-vous retrouver votre pouvoir perdu? En faisant cela, vous sortirez de la zone de confort créée par vos mauvaises habitudes.

Ainsi, loin d'être une injonction, le départ de la zone de confort et les remises en question qu'il entraîne est une alternative qui doit s'examiner avec pragmatisme et lucidité. Mais la crise afférente indique qu'il y a quelque chose à changer . Quelque chose d'important pour notre évolution. Et finalement, c'est ça la vraie sortie de la zone de confort.



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